Exercice professionnel


la première réunion du conseil de l\'ordre infirmier de Paris

L’appel de Paris pour défendre le décret d’actes infirmiers (10.06.08)

Considérant que le rapport de la HAS sur « les conditions de nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé » souhaite révolutionner l’encadrement juridique des professions réglementées (et particulièrement celle des infirmières) pour « dépasser l’approche nécessairement restrictive d’une liste d’actes autorisés par profession pour évoluer vers une logique de mission », et propose « d’éviter que la référence aux actes constitue le mode exclusif d’autorisation d’intervention des infirmiers » (p 33) en souhaitant la « perte d’importance du décret d’actes » (p 34) qui encadre et réglemente strictement les conditions d’exercice de notre profession, et garantit par là même au patient de recevoir des soins de qualité,

Considérant que sur ce dossier la Haute Autorité de Santé (HAS) a abandonné sa rigueur méthodologique habituelle :

Consultation publique de la HAS de 286 répondants anonymes

Experts choisis par la HAS , où les représentations infirmières sont cruellement absentes

Experts chargés de valider au titre de la HAS des documents élaborés par eux-mêmes au titre de la DHOS

Etats Généraux de l’Organisation des Soins (EGOS) qui se sont passés des avis des infirmiers

Considérant les propos tenus par le Cabinet de la Ministre , retranscris dans la dépêche APM (Agence de Presse Médicale) du 6 juin 2008, où le ministère de la santé confirme sa volonté de transformer le décret d’actes en décret décrivant les missions des infirmiers, ce qui supposerait une modification du code de la santé publique pouvant intervenir dans le cadre de la loi « santé, patients et territoires » qui sera présentée à l’automne,

Considérant la publication en août 2005, de deux textes d’application permettant la mise en œuvre des épreuves de vérification des connaissances des aides opératoires et aides instrumentistes, bénévoles ou indépendantes (décret n°2005-975 du 10/08/05 et son arrêté) pour régulariser la situation des chirurgiens du privé qui font tenir le rôle d’aide opératoire et aide instrumentiste à leur épouse ou à leur secrétaire pour des raisons financières, en lieu et place d’IBODE,

Considérant les propos tenus lors de la journée nationale de la chirurgie organisée par la Fédération hospitalière de France (FHF) le 20 juin 2007, sur la réduction du nombre des IADE et IBODE, et la création de « techniciens de blocs opératoires » pour remplacer des IBODE, demande régulièrement reprise par les chirurgiens qui siègent dans les groupes de travail de ministère sur la VAE des IBODE et l’évolution des métiers hospitaliers,

Considérant les propos tenus dans « Hôpitaux Magazine » d’octobre 2007 par la Conseillère technique à la DHOS (Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins) qui indique (page 26) « faut-il créer de nouveaux métiers dans le domaine de la santé ? La distance importante entre le niveau exigé pour les études médicales et celui des études des paramédicaux laisse envisager des niveaux intermédiaires, dans des domaines différents, qui permettraient de donner à des professionnels des compétences pour exercer des activités utiles aux personnes »,

Considérant, pour le maintien à domicile des personnes, la création de métiers du social formés en quelques jours ou quelques semaines, mais néanmoins autorisés à distribuer des médicaments, sans qu’elles en aient les compétences, à l’exemple des auxiliaires de vie, (formation de 3 mois contre 3 ans et demi après le bac pour les Infirmiers),

Considérant l’annonce du plan Alzheimer par la chargée de mission à la DHOS , le 27 mai 2008, lors d’Hôpital Expo, selon laquelle la DHOS préfère créer de nouveaux métiers pour assurer la coordination des soins et se doter « d’assistants de gérontologie », nouveau concept n’existant dans aucun pays européen.

Considérant qu’il n’y a aucune urgence à modifier de manière précipitée (et aussi définitive) notre Décret d’acte, dont la dernière réactualisation date du 29 juillet 2004, à moins qu’il ne s’agisse de légiférer avant la mise en place effective de l’Ordre National des Infirmiers, l’élection du premier Conseil National de l’ONI étant programmée pour le 25 novembre 2008,

Le Conseil Départemental de l’Ordre Infirmier de Paris :

– condamne cette perte d’importance du décret d’actes, donc la disparition de toute référence à des actes techniques et du contour définit de l’exercice illégal de la profession d’infirmier, ce qui rendrait possible toutes les dérives, en permettant à ce que des personnes non qualifiées puissent désormais pratiquer des soins infirmiers.

– dénonce cette volonté de créer de nouveaux métiers moins qualifiés et moins rémunérés pour des raisons uniquement comptables, au détriment de l’intérêt et de la sécurité du patient : brader ainsi les soins infirmiers n’est pas la meilleure solution pour concilier les impératifs d’économies de la santé, avec les droits du patient à se faire soigner par du personnel qualifié et de qualité.

– estime que le ministère veut faire passer à la « va vite » une réforme qui menace directement l’exercice même de notre profession et par là même l’intérêt des patients, avant de laisser le temps à notre profession de s’organiser par elle-même, via la création du Conseil de l’Ordre des Infirmiers,

– demande donc à la Ministre de retirer cette réforme de son projet de loi « Patients, Santé et territoire » (dite loi Bachelot), qui doit être soumis au vote du Parlement d’ici l’automne prochain,

– invite les autres Conseils Départementaux de l’ONI à se prononcer sur cette réforme, à communiquer leur position, à intervenir auprès des parlementaires de leurs départements, et à écrire au Conseil d’Etat pour informer des dangers de cette mesure. L’ONI a été créé pour défendre les usagers et la qualité des soins qui leurs sont dispensés : le niveau départemental étant aujourd’hui le seul opérationnel, la voix des élus départementaux doit se faire entendre.

– souhaite que les infirmières écrivent au ministère et à leurs parlementaires pour empêcher la disparition de ce garde-fou qui interdit à des personnes non titulaires d’un diplôme d’infirmier de prodiguer des soins infirmiers, et garantit par là-même aux patients de recevoir des soins de qualité.


Motion adoptée à l’unanimité par le CDOI de Paris le 10 juin 2008

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Prise en charge des maladies chroniques

Proche de la personne soignée, et assurant une présence permanente, l’infirmière est la coordinatrice de la prise en charge des maladies chroniques. Avec ses connaissances et son approche relationnelle, elle répond aux attentes d’actes techniques, aux besoins d’humanisation et de confort, au souhait de repérer les différents prestataires de soins. Elle est le trait d’union entre la personne soignée, sa famille, le médecin, l’hôpital, les autres professionnels de santé.

L’identité infirmière est menacée par ceux qui considèrent que le vécu n’a pas d’importance, et qu’il faut le réduire pour rester devant le mesurable, le technologique. C’est dans la relation d’écoute, de conseil, d’aide thérapeutique que l’infirmière peut donner toute la plénitude de ses compétences en accompagnant la personne malade dans sa vie quotidienne.

La demande de soins constitue la première attente d’un malade chronique. Mais le soin est un moment privilégié, pendant lequel il pose des questions, exprime ses angoisses. Il s’est adressé à une « technicienne du soin », mais il réalise qu’il a besoin de communiquer avec la « relationnelle du soin », des conseils à obtenir de « « l’éducatrice du soin ». L’infirmière est là pour faire face au fait que l’homme a besoin de donner un sens à tout ce qui l’affecte, même la maladie.

La profession infirmière est irremplaçable, parce que la permanence de sa présence assure la continuité de la fonction soin, et permet une démarche de synthèse indispensable pour individualiser les soins et appréhender le malade chronique comme une personne. Cette vue globale contredit l’analyse qui découpe et isole une fonction.

De part ses compétences, l’infirmière est la seule à pouvoir décoder toutes les informations concernant la personne soignée, quelles que soient leur nature et leur source. C’est-à-dire leur donner un sens qui pourra déterminer les actions à entreprendre, les comportements à adopter, pas simplement pour traiter, mais pour prendre soin du malade chronique.

La formation infirmière repose sur l’enseignement d’un savoir, l’apprentissage d’un savoir-faire, et le développement de qualités personnelles d’un savoir-être. L’art de la profession infirmière consiste à s’appuyer d’une part sur des connaissances générales, d’autre part sur l’histoire de vie d’un malade, afin de prendre soin de cette personne unique.

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La recherche en sciences infirmières

Depuis un quart de siècle, la recherche en science infirmière a connu un essor important au QUEBEC. Ces années ont été marquées par de grands changements.

FRESIQ : chercher, trouver, avancer… pour mieux soigner

Fondée en 1987 par l’OIIQ, la Fondation de recherche en sciences infirmières du Québec (FRESIQ) a pour mission de promouvoir l’avancement des pratiques en sciences infirmières et l’amélioration continue des soins infirmiers offerts à la population du Québec par le soutien de la recherche et le transfert des connaissances. La FRESIQ est aujourd’hui la seule fondation québécoise dédiée à la recherche en sciences infirmières. À ce jour, elle a soutenu plus de 80 projets de recherche en sciences infirmières.

La FRESIQ investit dans la formation de chercheuses et chercheurs en sciences infirmières, dans des projets novateurs de recherche clinique, dans la diffusion et l’utilisation des résultats de recherche, ainsi que dans la promotion de partenariats entre les milieux cliniques et les milieux de recherche. Sa priorité est de soutenir des chercheurs infirmiers qui se penchent sur des solutions à des questions soulevées dans la pratique des soins infirmiers face aux différentes problématiques de santé des patients.

En favorisant l’avancement de la recherche en sciences infirmières, la FRESIQ s’avère un levier :
– pour la mise au point des meilleures méthodes d’intervention infirmière auprès des patients ;
– pour le transfert des connaissances de pointe de la recherche vers les infirmières et infirmiers qui soignent des patients.

La création de la FRESIQ a permis d’investir dans :
– la formation de chercheurs en sciences infirmières ;
– les projets novateurs de recherche dans les milieux cliniques ;
– la diffusion et l’utilisation des résultats de recherche.

Création du doctorat en sciences infirmières

Pour faire de la recherche, on avait besoin de chercheurs. Mais dans les années 80, il n’existait pas encore au Québec de programmes de formation universitaire en sciences infirmières de 3e cycle en français.

Ce n’est qu’en 1993, après une gestation d’une douzaine d’années, que l’Université de Montréal et l’Université McGill lancent un programme conjoint de doctorat en sciences infirmières. Il s’agit du cinquième au Canada, mais du premier en langue française.

Depuis 2005, l’Université d’Ottawa offre, en français, son programme de doctorat en sciences infirmières et l’Université Laval a lancé le sien en 2010. Depuis près de 15 ans, l’Université de Sherbrooke offre une option en sciences infirmières au niveau du 3e cycle d’études.

On compte aujourd’hui trois infirmières titulaires de chaires, dont deux en soins infirmiers.

Source La recherche en sciences infirmières de plus en plus vivante Le Journal – mars/avril 2011
http://www.oiiq.org/publications/le-journal/archives/marsavril-2011/la-recherche-en-sciences-infirmieres-de-plus-en-plus

Statistiques au Québec :

L’OIIQ constate aujourd’hui qu’il existe un continuum dans la formation infirmière, de la formation initiale jusqu’aux programmes de doctorat. L’intérêt des infirmières et infirmiers pour les programmes de formation de 2e et 3e cycle universitaire s’accroît comme en témoignent les statistiques.
– 83 infirmières et infirmiers sont titulaires de doctorats en sciences infirmières ;
– 64 infirmières et infirmiers sont en voie d’obtenir un doctorat en sciences infirmières ;
– 2149 infirmières et infirmiers détiennent un diplôme de 2e ou 3e cycle en sciences infirmières ;
– Une centaine d’infirmières et infirmiers sont directeurs de projets de recherche

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