Rougeole : seule la vaccination protége de l’épidémie


La rougeole est une maladie infectieuse très contagieuse. Une personne contaminée peut infecter 15 à 20 personnes en cas de couverture vaccinale insuffisante dans l’entourage. La rougeole touche actuellement 59 départements et l’augmentation rapide du nombre de cas depuis le début de l’année peut faire craindre une nouvelle épidémie importante sur l’ensemble du territoire. La vaccination est le seul moyen de se protéger contre la rougeole.

Or, cette maladie peut présenter des formes sévères (insuffisance respiratoire, complications neurologiques parfois irréversibles) nécessitant une hospitalisation et pouvant conduire au décès du patient dans les cas les plus graves. Entre 2008 et 2017, 33 cas d’encéphalite et 20 décès suite à une rougeole ont été recensés en France par Santé publique France.

Lorsqu’un foyer épidémique de rougeole est identifié, les investigations épidémiologiques mettent en évidence une absence de vaccination, ou une vaccination incomplète, chez la grande majorité des personnes infectées.

Tous les enfants et jeunes adultes devraient être vaccinés contre la rougeole. C’est une vaccination très efficace qui protège de la maladie dans près de 100% des cas après 2 doses de vaccin. C’est pourquoi, depuis le 1er janvier 2018, la vaccination contre la rougeole fait partie des 11 vaccinations obligatoires chez les enfants.

Toutes les personnes non vaccinées ou qui auraient des doutes concernant leur statut vaccinal devraient consulter dès à présent leur médecin traitant pour une éventuelle mise à jour de leurs vaccinations.

En milieu de soins, les professionnels de santé dont les antécédents de vaccination ou de rougeole sont incertains, sont également invités à mettre à jour leur vaccination pour éviter la propagation de cette maladie et protéger les patients les plus fragiles.

Pour Santé publi­que France, « l’ascen­sion rapide du nombre des cas sur les pre­miè­res semai­nes de 2018 fait crain­dre une nou­velle épidémie d’ampleur impor­tante, comme cela a été observé dans plu­sieurs autres pays euro­péens en 2017 ». Ainsi, 14.451 cas ont été rap­por­tés en Europe en 2017, à l’ori­gine de 33 décès. Les pays les plus tou­chés étaient : la Roumanie (5560 cas), l’Italie (5004 cas), la Grèce (967 cas), l’Allemagne (929 cas).

Tout cas de rou­geole doit être signalé immé­dia­te­ment sans atten­dre les résul­tats bio­lo­gi­ques par tout moyen appro­prié (télé­phone, télé­co­pie) à votre ARS. Les contacts non ou insuf­fi­sam­ment vac­ci­nés de ces cas doi­vent pou­voir béné­fi­cier très rapi­de­ment des mesu­res de pré­ven­tion.

Devant tout patient sus­pecté de rou­geole (pré­sen­tant une éruption cuta­née fébrile carac­té­ris­ti­que) la mise en œuvre des mesu­res bar­riè­res sui­van­tes est néces­saire :
– assu­rer, dans la mesure du pos­si­ble, la prise en charge du patient à domi­cile ;
– pri­vi­lé­gier les pré­lè­ve­ments bio­lo­gi­ques à domi­cile s’ils étaient néces­sai­res ;
– isoler le patient, lui faire laver les mains et porter un masque chi­rur­gi­cal ;
– assu­rer la pro­tec­tion indi­vi­duelle du pro­fes­sion­nel de santé par des mesu­res de pro­tec­tion de type « air » ;
– rap­pe­ler à l’entou­rage du patient les règles d’hygiène (solu­tions hydro-alcoo­li­ques) ;
– recom­man­der l’éviction de la col­lec­ti­vité jusqu’à 5 jours après le début de l’éruption ;
– aérer les zones de pré­sence du patient car la trans­mis­sion aérienne du virus reste pos­si­ble jusqu’à 2 heures dans un espace clos après son départ.

La rou­geole est une infec­tion virale très conta­gieuse et poten­tiel­le­ment grave pour laquelle il n’existe pas de trai­te­ment cura­tif. C’est une mala­die qui ne touche pas seu­le­ment les jeunes enfants mais également les ado­les­cents et les jeunes adul­tes. La rou­geole est due à un virus res­pi­ra­toire qui se trans­met par la pro­jec­tion de gout­te­let­tes sali­vai­res ou res­pi­ra­toi­res, en par­ti­cu­lier lors de la toux et des éternuements. La conta­gio­sité des cas de rou­geole débute envi­ron quatre jours avant l’éruption et dure jusqu’à quatre jours envi­ron après le début de l’éruption.

Santé publi­que France rap­pelle la néces­sité d’une cou­ver­ture vac­ci­nale très élevée dans la popu­la­tion (au moins 95% avec deux doses de vaccin chez les enfants et les jeunes adul­tes). Une telle pro­tec­tion col­lec­tive per­met­trait d’éliminer la mala­die et ses com­pli­ca­tions et ainsi pro­té­ger également les per­son­nes les plus fra­gi­les ne pou­vant être elles-mêmes vac­ci­nées (nour­ris­sons de moins d’un an, femmes encein­tes, per­son­nes immu­no­dé­pri­mées). Il est donc impé­ra­tif que toutes les per­son­nes nées à partir de 1980 aient reçu deux doses de vaccin.

À comp­ter du 1er jan­vier 2018, la vac­ci­na­tion contre la rou­geole est obli­ga­toire chez le nour­ris­son, qui doit rece­voir une dose du vaccin com­biné Rougeole-Oreillons-Rubéole (ROR) à l’âge de 12 mois et une seconde dose entre 16 et 18 mois.

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