Réinsertion et déontologie : l’avis du Conseil de Paris


Interpellés par les professionnels sur la situation d’un ancien prédicateur djihadiste devenu étudiant en soins infirmiers à la Pitié Salpêtrière, les élus du Conseil de l’Ordre des Infirmiers de Paris se sont réunis le 12 janvier.

Il est normal que des personnes qui ont effectué leurs peines, puissent se réinsérer en sortant de prison, en trouvant un métier. Toutes les reconversions sont elles pour autant possible ? Laisserait-on un pédophile devenir éducateur de jeunes enfants ou professeur des écoles ?

Le même bon sens exige qu’une personne condamnée à 6 ans de prison pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » ne puisse pas exercer une profession humaniste, au contact de personnes malades ou fragiles. Les actes et idéologies reprochées sont incompatibles avec les valeurs portées par la profession infirmière, qui doit soigner des hommes et des femmes de toutes confessions.

Le Conseil de Paris est choqué par la légèreté et l’irresponsabilité de ceux qui ont fermé les yeux depuis 2012, laissant cet étudiant effectuer ses stages dans les établissements hospitaliers, en mettant ainsi un ancien prédicateur djihadiste en contact avec des personnes en état de faiblesse physique et morale.

Le Conseil de Paris est scandalisé des propos de l’AP-HP qui précise qu’une fois diplômé, il n’aurait pas été embauché dans le public, mais qu’il pouvait aller dans le privé. Le patient doit rester au cœur de nos préoccupations, qu’il soit soigné dans le public, le privé ou le libéral.

Le Conseil de Paris demande que l’on rétablisse la demande de casier judiciaire pour l’admission au concours d’entrée en IFSI. Cette simplification administrative est une bombe à retardement, et permettrait à ces étudiants de ne pas être confrontés à des difficultés de recrutement une fois diplômés. Les employeurs publics demandent effectivement un extrait de casier judiciaire, mais des intérimaires peuvent venir dans les hôpitaux.

La profession infirmière est réglementée : elle dispose d’une déontologie, et d’un Ordre qui sert de garde-fou, en s’assurant de la compétence et de la moralité de ses membres.
Les employeurs responsables demandent une inscription ordinale, mais beaucoup ne prennent pas la peine de s’en assurer, aux dépends des patients soignés.

Lorsque que le casier judiciaire n’est pas vierge, la personne est entendue lors d’un Conseil, et ensuite chaque élu ordinal se prononce en son âme et conscience en fonction de l’ancienneté et de la gravité des faits. Les 23 conseillers du CDOI de Paris sont des infirmiers élus par des infirmiers. La composition du Conseil de Paris est bien le reflet de la diversité d’exercice de la profession : hôpital, clinique, libéral, EHPAD, éducation nationale, santé au travail (RATP, SNCF, Aviation civile), centre de santé, IFSI, etc.

Tout le monde doit avoir sa chance, mais chaque patient a le droit d’être soigné en toute sécurité, quelles que soient ses convictions et son origine.

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