Master en Sciences Infirmières : rencontre-débat le 14 mai Journée Internationale des Infirmières
By amouroux | mai 6, 2013
Le Conseil de l’Ordre des Infirmiers de Paris a souhaité organiser dans ses locaux une rencontre-débat le mardi 14 mai 2013, de 14h à 16h, au lendemain de la Journée internationale des infirmières, pour mettre en valeur le rôle que les infirmières jouent et peuvent encore davantage jouer dans les soins.
Alors que l’on enregistre 330.000 infirmières en pratiques avancées (Master) dans 25 pays du monde (depuis 1960 aux Etats Unis), la France est singulièrement en retard pour constituer une réelle filière en sciences cliniques infirmières. Aussi notre Conseil souhaite profiter de ce moment d’échange pour donner la parole à des collègues de toute la France, titulaires d’un Master en sciences cliniques infirmières, qui vont nous faire partager leurs expériences professionnelles :
Florence AMBROSINO (IDEL coordinatrice d’un réseau de santé (ILHUP) à Marseille
Intervention: « les infirmier(e)s de pratiques avancées expliquées aux infirmier(e)s »
Galadriel BONNEL (Infirmière praticienne en soins primaires, Docteure en santé publique/recherche clinique (Aix-Marseille Université) Intervention: « L’infirmière de pratiques avancées : perspective américaine dans un contexte français »
Marina BURGUNDER (Infirmière Coordinatrice de Soins en Oncologie au Centre Hospitalier Régional d’Orléans) Intervention : « Expertise infirmière, un parcours, une expérience : L’apport du master dans ma pratique professionnelle, pour le projet institutionnel, pour le métier infirmier ; Réflexions et mise en perspectives»
Pascal LAMBERT (IDEL Consultant Expert en Gérontologie à Paris)
Intervention « Infirmier libéral en pratiques avancées en gérontologie : Présent et avenir »
Barbara Edda MESSI (infirmière coordinatrice des Equipes Mobiles de Soins Palliatifs aux Hôpitaux Universitaires Paris Sud APHP) Intervention « Infirmière coordinatrice de parcours complexe en soins palliatifs: apport du master sciences cliniques infirmières »
Pierrette MEURY (IDEL en Guadeloupe) Intervention: « Quelle orientation professionnelle en ambulatoire, avec un master 2 SCI spécialité coordination du parcours complexe ? »
Véronique SECHET (Infirmière Clinicienne Spécialisée au CHUV de Lausanne, Suisse)
Intervention: « Master science clinique infirmière : de la formation à la pratique, itinéraire d’une infirmière au CHUV de Lausanne »
« Avec cette conférence-débat sur la place des infirmières en Master 2, nous souhaitons faire entendre l’expertise infirmière, et affirmer une vision infirmière de la santé (prévention, éducation à la santé, accompagnement, relation d’aide) » indique Thierry Amouroux, le Président du Conseil de Paris. « La prise en charge des maladies chroniques va permettre de pouvoir se diriger vers d’autres pratiques au cours de sa vie professionnelle moyennant un complément de formation, tenant compte de ses acquis professionnels. »
L’infirmière clinicienne (master 2) analyse les situations complexes de soins, aide les équipes à prendre en charge des patients jugés difficiles du fait de leur pathologie ou des situations. Elle fait référence dans les domaines de l’éducation thérapeutique, de l’information et du suivi des personnes. Elle réalise des consultations infirmières d’éducation, de conseil, de suivi de pathologies chroniques.
Chaînon manquant entre l’IDE et le médecin, l’infirmière spécialiste clinique (master 2) participe au suivi en consultation des maladies chroniques suivant une procédure déterminée avec l’équipe médicale. Elle assure le lien entre le patient, la famille, le médecin et les autres professionnels. Elle se préoccupe davantage du contexte de vie du patient que le médecin. Elle apporte stabilité et cohérence, contribuant à la continuité des soins pour les patients.
« Face à la montée des soins aux personnes du quatrième âge avec perte d’autonomie, au développement de la prévention et du dépistage des maladies chroniques, le secteur de la santé posera des problèmes d’organisation et d’éthique toujours plus complexes. L’un des rôles de la profession infirmière sera de servir de garde-fou face à la tentation du contrôle économique entrainant des restrictions de soins individuels, au nom d’une vision macroéconomique des dépenses de santé publique, comme dans les pays anglo-saxons. Les personnes malades sont par définition plus vulnérables, aussi les infirmières doivent être en première ligne pour affirmer que seuls les besoins des malades doivent déterminer le type et le coût des traitements » indique Thierry Amouroux.
La France a péniblement reconnu un niveau licence aux infirmières en 2009, devenant ainsi le 24ème pays sur les 27 de l’Union Européenne à entrer dans le modèle LMD. Pour le niveau M, il existe aujourd’hui deux formations en France :
Master sciences cliniques infirmières, proposé par l’EHESP, en partenariat avec l’Université de Marseille Méditerranée
- Spécialité 1 : Infirmière de pratiques avancées en cancérologie
- Spécialité 2 : Infirmière de pratiques avancées en gérontologie
- Spécialité 3 : Infirmière coordinatrice de parcours complexes de soins
Master Sciences cliniques en soins infirmiers, UFR des sciences de la santé de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
- Spécialiste clinique en psychiatrie et santé mentale,
- Spécialiste clinique en maladies chroniques et dépendance (hors cancérologie)
- Spécialiste clinique en douleur et soins palliatifs
Les élus du Conseil de l’Ordre des Infirmiers de Paris invitent les infirmières à les rencontrer à l’occasion de cette opération « portes ouvertes au CDOI de Paris » au siège du conseil, 228 rue du Faubourg Saint Martin, 75010 Paris (métro Louis Blanc ou Gare de l’Est). Notre Ordre départemental veut rester à l’écoute des infirmiers de Paris, afin de répondre au mieux aux besoins, et échanger avec les professionnelles, sur les principales problématiques identifiées sur Paris et sur les priorités à définir.
La Journée internationale des infirmières a été instaurée en 1965 par le Conseil international des infirmières pour la date anniversaire de la naissance de Florence Nightingale, qui a fondé la première école d’infirmières en 1860, et posé les bases de la profession d’infirmière. Le Conseil international des infirmières (CII) est une fédération de plus de 130 associations nationales d’infirmières représentant des millions d’infirmières du monde entier. Géré par des infirmières et à l’avant-garde de la profession au niveau international, le CII œuvre à promouvoir des soins de qualité pour tous et de solides politiques de santé dans le monde.
Cette année, la Journée internationale de l’infirmière du dimanche 12 mai 2013 est consacrée aux objectifs du Millénaire pour le développement. Elle est intitulée : « Combler l’écart : objectifs du Millénaire pour le développement : 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 ». Ce slogan est un compte à rebours avant 2015, date-butoir de la réalisation des grands objectifs mondiaux en matière de santé.
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Les IDE devraient être largement autorisés à vacciner sans prescription
By amouroux | avril 29, 2013
L’Ordre national des infirmiers propose à la ministre de la Santé ses pistes de travail et rappelle que l’indépendance des infirmiers ne saurait être remise en cause
Quelques jours après l’intervention de Marisol Touraine devant le Sénat au sujet de la politique vaccinale de la France, l’Ordre des Infirmiers propose des pistes concrètes pour l’amélioration de la couverture vaccinale. Selon l’Ordre, les infirmiers devraient être largement autorisés à vacciner sans prescription, tout en préservant l’indépendance des professionnels.
Vers un élargissement du droit de prescription des infirmiers
Le président de l’Ordre national des infirmiers rappelle ses propositions formulées dès octobre 2012 pour améliorer la couverture vaccinale en France. L’Ordre avait notamment plaidé pour l’élargissement du droit des infirmiers à vacciner sans prescription médicale. « Je me réjouis de voir que ce sujet stratégique a été entendu par le ministère. Les infirmiers peuvent déjà vacciner contre la grippe saisonnière certains patients, âgés de plus de 65 ans ou atteints de certaines pathologies. Or ce sont justement les 18-64 ans qui sont les moins couverts ! Mettre fin à cette contradiction serait une mesure pragmatique de bon sens, dans un contexte où la prévention apparaît comme une clef pour la réussite des politiques de Santé » explique Didier Borniche, président de l’Ordre.
« À l’heure où s’engage en France et en Europe une réflexion sur l’élargissement des compétences des professionnels de Santé, autoriser les infirmiers à pratiquer plus largement des soins qu’ils maitrisent déjà semble même une évidence. »
Garantir l’indépendance des professionnels
Si les membres du Conseil de l’Ordre affirment leur volonté de collaborer avec la ministre de la Santé pour, notamment, approfondir les « pistes en cours d’expertise » mentionnées au Sénat, ils rappellent que l’indépendance des professionnels ne saurait être remise en question.
« N’autoriser les infirmiers à administrer des vaccins qu’au sein de structures telles que des pharmacies, comme cela a semble-t-il été suggéré par la ministre, reviendrait à élargir un droit tout en le limitant. Ces professionnels parfaitement compétents doivent pouvoir pratiquer leurs missions au sein même de leur lieu d’exercice – cabinet d’infirmier libéral, hôpital, PMI, établissement scolaire… D’autant que tout lien de subordination ou de salariat entrerait en conflit avec l’indépendance du travail des infirmiers, » poursuit Didier Borniche.
L’Ordre national des infirmiers réaffirme son attachement au dialogue et à la concertation avec le ministère de la Santé. Il sollicite une réunion de travail afin d’optimiser les compétences des
infirmiers et accompagner leurs missions de prévention et d’éducation, essentielles et complémentaires des soins curatifs, pour atteindre les objectifs de couverture vaccinale en France.
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Le protocole de cancérologie de l’ARS IDF est contraire aux bonnes pratiques
By amouroux | avril 26, 2013
Le Conseil Régional de l’ordre des Infirmiers estime que le protocole de coopération en cancérologie validé le 28.12.12 par l’ARS Ile de France est contraire aux règles de bonnes pratiques, constatées dans les revues de littératures professionnelles.
Le CROI a décidé de saisir le Haut Conseil de Santé Publique (copie ci-dessous), car ce protocole de coopération pose un problème de santé publique, les compétences requises n’étant pas adaptées aux pratiques professionnelles autorisées. Le dispositif réglementaire jusque là destiné à garantir la sécurité des patients est ainsi contourné : formation initiale basée sur un programme officiel fixé par arrêté, évaluation des compétences acquises par le moyen d’un examen, et attribution d’un diplôme d’Etat habilitant à un exercice règlementé et protégés.
Paris, le 22 avril 2013
Monsieur le Président du Collège du Haut Conseil de Santé Publique,
Le Conseil Régional de l’Ordre des Infirmiers d’île de France souhaite vous alerter sur un protocole de coopération en cancérologie, pris dans le cadre de l’article 51 de la loi Bachelot du 21 juillet 2009, portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi HPST) qui autorise les « coopérations entre professionnels de santé », pour effectuer la mise en place, à titre dérogatoire, de transferts d’actes ou d’activités de soins qui ne figurent pas dans le décret d’actes infirmiers.
L’ARS IDF a publié le 28.12.12 un arrêté validant un protocole de «Consultation infirmière de suivi des patients traités par anticancéreux oraux à domicile, délégation médicale d’activité de prescription » qui autorise en particulier la « Prescription de certains médicaments à but symptomatique pour traiter les effets indésirables des traitements anticancéreux : antiémétiques ; anxiolytiques ; antibiotiques de la classe des cyclines, anti-diarrhéiques, topiques cutanés » ainsi que la « Décision de renouvellement de la chimiothérapie orale », par une infirmière, moyennant une « formation théorique de 45 heures », validée par une simple « attestation de suivi de la formation » !
Ce protocole de coopération pose un problème de santé publique, les compétences requises n’étant pas adaptées aux pratiques professionnelles autorisées. Le dispositif réglementaire jusque là destiné à garantir la sécurité des patients est ainsi contourné : formation initiale basée sur un programme officiel fixé par arrêté, évaluation des compétences acquises par le moyen d’un examen, et attribution d’un diplôme d’Etat habilitant à un exercice règlementé et protégés.
Un suivi de groupes de patients atteints de pathologies chroniques doit reposer sur une approche globale, qui nécessite une expertise infirmière, une autonomie importante et comporte la mise en œuvre d’activités dérogatoires (diagnostic de pathologies et prescription médicaments/examens complémentaires). La notion de compétence introduit une capacité d’analyse, de discernement, de jugement, de décision, donc une relative autonomie ; celle de transfert relève d’une action de transposition (faire en lieu et place de).
Le Conseil international des infirmières , grâce à l’expertise de son Réseau international des infirmières spécialisées et des pratiques professionnelles avancées dans le domaine des soins infirmiers (INP/APNN) a formellement adopté la définition suivante (CII 2002): «Une infirmière spécialiste / experte est une infirmière diplômée d’État qui a acquis les connaissances théoriques, le savoir-faire nécessaire aux prises de décisions complexes de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de son métier, pratique avancée dont les caractéristiques sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmière sera autorisée à exercer. Une formation de base de niveau maîtrise (master) est recommandée.»
Les premières Nurses Practitioner ont été formées à l’Université du Colorado en 1960 en suivant un programme de niveau Master. La présence d’infirmière de pratique avancée est donc très bénéfique et pour la qualité de la prise en charge, pour le confort du patient et sur un plan économique, à condition d’avoir acquis de nouvelles compétences, dans le cadre d’un programme de formation reconnu, et validées par un examen.
L’OCDE a publié en juillet 2010 un rapport sur le développement des pratiques avancées infirmières dans 12 pays de l’OCDE : Australie, Belgique, Canada, Chypre, États-Unis, Finlande, France, Irlande, Japon, Pologne, République Tchèque et Royaume-Uni (Delamaire, M. et G. Lafortune (2010), « Les pratiques infirmières avancées : une description et évaluation des expériences dans 12 pays développés », Éditions OCDE).
Dans la plupart des pays, un diplôme de maîtrise en soins infirmiers (master) est maintenant recommandé ou requis. C’est le niveau d’études obligatoire qui a été établi en Australie, où est mis en place de nouveaux programmes d’enseignement pour les infirmières en pratique avancée. Aux États-Unis et au Canada, les niveaux d’études requis ont graduellement augmenté, un diplôme de master étant maintenant la norme pour devenir infirmière en pratique avancée. Il y a aujourd’hui 158.348 « infirmières praticiennes » et 59.242 « infirmières cliniciennes spécialisées » aux USA.
Il en résulte que 330.000 « infirmières de pratiques avancées » de 25 pays ne peuvent disposer de telles compétences qu’après deux années d’études supplémentaires validées par un Master. Aussi, notre Conseil estime que ce protocole de coopération en cancérologie est contraire aux règles de bonnes pratiques, constatées dans les revues de littératures professionnelles :
- Primary care outcomes in patients treated by nurse practitionners or physicians JAMA. 2000;283:59-68
- A systematic review of the impact of nurse practitioners on cost, quality of care, satisfaction and wait times in the emergency department. CJEM. 2007 Jul; 9(4):286-95
- Nurse practitioners in the Northern Alberta Renal Program. CANNT J. 2007 Apr-Jun; 17(2):48-50
- Attitude of emergency department patients with minor problems to being treated by a nurse practitioner. CJEM. 2004 Jul; 6(4):246-52
- Description of an advanced practice nursing consultative model to reduce restrictive siderail use in nursing homes. Res Nurs Health. 2007 Apr; 30(2):131-40
- Andrew (D), Weinberg (M.D), FACP, CMD, Jefferson Lesesne (A), MD, Chesley (L), Richard, MD, MPH and Jean (K), Pals, RN, C, BSN. Quality care indicators and staffing levels in a mursing facility subacute unit. Journal American Medical Directors Association, january, february 2002
- BUCHAM (J), CALMAN (L), Skill-mix and Policy Change in the Health Workforce: Nurses in Advanced Roles, OECD Health Working Papers, 17
- OECD, Health Care Quality indicators and SHA-based Health Accounts in 13 OECD Countries. OECD Health Working Papers. www.oecd.org, 05/10/2005.
- BOURGUEIL (Y), MAREK (A), MOUSQUES (J). La participation des infirmières aux soins primaires dans six pays européens, en Ontario et au Québec. Questions d’économie de la santé, IRDES, n° 95, Juin 2005, 12 p.
Le Comité de liaison des institutions ordinales du secteur de la santé (CLIO Santé), qui réunit les sept Conseils nationaux des Ordres des professions de santé (Médecins, Pharmaciens, Chirurgiens Dentistes, Sages-femmes, Pédicures, Masseurs Kinésithérapeutes, Infirmiers), a exprimé dès le 15.01.10 :
- « de vives inquiétudes sur ces protocoles de coopération qui ne comporteront aucune garantie pour les usagers sur les qualifications et les compétences des professionnels impliqués, ainsi que sur la régularité et les modalités de leur exercice ».
- « on ne peut que s’interroger sur le paradoxe d’une telle volonté réglementaire à l’heure où doit se mettre en place le dispositif permettant aux professionnels de santé de satisfaire à leur obligation de développement professionnel continu, en valorisant les compétences professionnelles acquises durant leur carrière (formation initiale et formation continue). »
- «Il est, en effet, d’une inconcevable légèreté que le ministère de la santé envisage qu’un professionnel puisse dispenser des soins auprès d’un patient alors même que ces actes n’entrent pas dans son champ légal d’exercice, au vu d’une simple attestation délivrée par une entité dépourvue de compétence en la matière. Le ministère ouvre ainsi la porte aux dérives que pourraient engendrer ces nouvelles modalités d’exercice, alors que les obligations de compétence, de qualité et de continuité des soins, qui sont du ressort des institutions ordinales, ne pourront pas être vérifiées. »
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre respectueuse considération.
Kine VEYER, Présidente du CROI IDF
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Sécurité des patients : le Conseil d’Etat rappelle le rôle fondamental de protection rempli par l’ONI
By amouroux | mars 29, 2013
Le Conseil d’État (CE, 6 mars 2013, n°349582) vient de confirmer la légalité et l’opportunité d’une décision interdisant l’exercice d’une infirmière condamnée pour violences sur mineurs et le rôle clef de l’Ordre national des infirmiers pour garantir la sécurité des patients.
Condamnée en 2005, pour des violences commises à l’encontre de 6 enfants, à 18 mois d’emprisonnement avec sursis, obligation de soins et interdiction définitive d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec les mineurs, une institutrice avait passé le diplôme d’Etat d’infirmière et exerçait en intérim dans des maisons de retraite.
Après avoir exercé plusieurs années, elle a, à la demande de son employeur sollicité de l’Ordre son inscription au tableau. Au cours de l’instruction est apparue cette condamnation ainsi qu’un signalement de l’ARS selon lequel l’infirmière en question aurait, une nuit de septembre 2010, été agressive envers une résidente de maison de retraite, lui retirant l’usage de la sonnette d’alarme et lui cassant le poignet en la maltraitant.
L’Ordre des infirmiers a alors naturellement refusé le droit d’exercer comme infirmière, profession la mettant particulièrement en contact avec des mineurs ou des personnes fragiles. Saisi d’un recours contre cette décision, le Conseil d’État a rejeté sa requête, soulignant ainsi le bienfondé de la décision de l’Ordre et son rôle déterminant pour la protection des patients et la santé publique.
« L’Ordre a pour mission première et essentielle de garantir la sécurité des soins et des patients. L’exercice de ces missions rend fondamentale l’inscription obligatoire de tous les infirmiers à l’Ordre. La décision du Conseil d’État confirme qu’il serait irresponsable d’autoriser certains professionnels à échapper au contrôle de l’Ordre en le rendant facultatif. » précise Didier Borniche, président de l’Ordre des infirmiers.
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Diplômés à l’étranger : précisions sur l’inscription
By amouroux | février 28, 2013
La crise européenne et l’attractivité du système de santé français semblent pousser de plus en plus d’infirmiers européens à émigrer en France pour travailler. L’Ordre national des infirmiers s’est vu conféré par la directive européenne 2005/36 et la loi (article L4311-3 du Code de la santé publique) le rôle d’autorité compétente en matière de reconnaissance automatique des diplômes de l’Union européenne.
Ce rôle s’exerce au travers de la procédure d’inscription au tableau et est donc assuré par le Conseil départemental. La procédure est similaire à celle d’inscription des infirmiers titulaires du DE à quelques différences près qui tiennent au diplôme et aux connaissances linguistiques.
Comme les titulaires du diplôme d’Etat français, les titulaires de diplômes étrangers doivent déposer un dossier comprenant toutes les pièces prévues réglementairement par l’article L4311-52 CSP qui renvoie à l’article R4112-1. Parmi ces pièces figure bien entendu la copie du diplôme qui doit dans certains cas être accompagnée d’une attestation de l’Etat de délivrance du diplôme selon laquelle le diplôme sanctionne une formation conforme aux obligations communautaires voire d’une attestation certifiant que l’infirmier a exercé durant un certain nombre d’années récemment.
Compte tenu de la diversité des diplômes européens, les cas de reconnaissance automatique sont nombreux et divers. L’arrêté du 10 juin 2004 modifié fixe les catégories de diplômes par pays et les attestations complémentaires requises.
Connaissances linguistiques
Parmi les pièces figurent également « tous éléments de nature à établir que le demandeur possède les connaissances linguistiques nécessaires à l’exercice de la profession ». Il peut s’agir de diplômes de français langue étrangère, d’attestations de formation en français, de certificats de tests de langue, de preuves d’études ou d’exercice professionnel en France, etc. Le rapporteur du CDOI procède à l’examen de ces pièces, contacte préférablement le demandeur, le rencontre.
Selon l’article R4311-52-1 CSP,« En cas de doute sur les connaissances linguistiques nécessaires à l’exercice de la profession, le président du conseil départemental de l’ordre ou son représentant vérifie, lors de l’inscription, le caractère suffisant de la maîtrise de la langue française. » Il convient donc de faire passer un test oral sous la forme d’un entretien professionnel et écrit (pour le système de poids et mesures) ».
Le niveau attendu par le Conseil de l’Ordre des Infirmiers est celui d’un TCF de niveau B 2. Ce Test de connaissance du français correspond à une maîtrise générale et spontanée de la langue. La personne peut participer à une conversation sur un sujet général ou professionnel de façon claire et détaillée, en donnant des avis argumentés (voir pièces jointes).
La nature de la profession infirmière justifie d’avoir une telle connaissance de la langue française, tant pour le rôle délégué (maitrise des prescriptions et des médicaments) que pour le rôle propre (relation d’aide, écoute, accompagnement, éducation, prévention). Une maitrise insuffisante de la langue française est un risque pour le professionnel et pour ses patients.
Du fait des problèmes de recrutement en gériatrie, une professionnelle maitrisant mal la langue peut se retrouver dans des services où elle sera seule comme infirmière pour soigner de nombreux patients, avec parfois une compréhension approximative des prescriptions médicales. Les risques d’erreur médicale peuvent donc être majorés pour les personnes âgées hospitalisées dans ce contexte.
Moralité
Enfin pour les ressortissants d’un Etat étranger, le dossier doit comprendre un extrait du casier judiciaire ou un document équivalent, datant de moins de trois mois, délivré par une autorité compétente de l’Etat d’origine ou de provenance ou, pour les ressortissants de l’UE, une attestation de moralité ou d’honorabilité délivrée par le conseil de l’ordre ou l’autorité compétente et datant également de moins de trois mois.
En résumé, si vous êtes titulaire d’un diplôme de l’étranger, pour exercer à Paris, vous devez :
Premièrement, vous devez vous assurer auprès de la DRJSCS que vous avez suivi un programme de formation conforme aux exigences de l’article 31 de la directive 2005/36/CE qui correspond au diplôme d’infirmier responsable des soins généraux mentionné à l’article 21 de la directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005, relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles.
http://www.ile-de-france.drjscs.gouv.fr/Reconnaissance-des-diplomes-des.html
Deuxième étape, vous devez passer un entretien avec des élus ordinaux, pour constater si vous disposez d’un niveau de langue française suffisant pour l’exercice en France. La circulaire DGOS/RH2/2011/169 du 11 mai 2011 (NOR : ETSH1112983C) stipule que seul l’Ordre des Infirmiers a compétence pour vérifier la maîtrise de la langue française, et le cas échéant du système des poids et mesures utilisé en France.
Troisième étape, vous devez trouver un employeur, qui va vous faire une attestation d’embauche (sous réserve de l’inscription ADELI)
Quatrième étape, vous devez vous inscrire sur le fichier ADELI de la DT ARS (Agence Régionale de Santé)
http://www.ars.iledefrance.sante.fr/Formalites-pour-s-enregistrer.125922.0.html
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